Wow... J’ai dans mon entourage, des gens formidables.
Je suis de cette génération choyée qui a grandie dans les ruelles de Montréal, dans le métro, et sur le Mont-Royal. Je suis de cette génération choyée qui n’a pas vu ses bêtises étalées au grand jour sur les réseaux sociaux (Alléfuckin’ luiah !!!). Je suis de cette génération choyée qui se rejoignait devant le dépanneur aussitôt le souper et les devoirs terminés... je suis de cette génération qui a connu ce qu’est la vie quand il n’y a pas de cellulaire partout.
J’ai dans mon Facebook des amis/es que je connais depuis la maternelle! Des gens que je ne fréquente plus depuis fort longtemps pour diverses raisons. Parce qu’au fil des ans il y a la vie, on change, on évolue, on rencontre d’autres gens. Il y a aussi que je ne suis pas douée pour entretenir les amitiés. Je n’appelle jamais, ne donne que très peu de nouvelles, je n’en prends pas plus et j’oublie les anniversaires.
Si je vous ai aimé un jour, il y a de forte chance pour que ce soit toujours le cas aujourd’hui. Parce que je suis comme ça. Je n’ai jamais appris à « désaimer ».
J’ai dans mon Facebook des gens qui ont commis l’inimaginable. J’ai dans mon Facebook des gens qui ont fait des erreurs monumentales. J’ai dans mon Facebook des gens qui à l’occasion ont pu me blesser.
J’ai dans mon Facebook des gens qui ne partagent pas mon opinion. J’ai sans doute dans mon Facebook des gens qui trouve ça niaiseux ce que je fais avec mes moments d’inspirations. J’ai dans mon Facebook des gens que j’ai, à une certaine époque, détestés pour diverses raisons.
Et c’est correct!
J’ai dans mon Facebook des survivantes du cancer, de la maladie chronique, j’ai une personne très chère à mon cœur, qui vit avec divers problèmes de santé, qui a partagé son combat, ses peurs, ses craintes d’une façon que je trouve brillante... en bilingue en plus! Une vraie warrior! Une personne que j’ai le sentiment d’avoir laissé tomber parce que : je n’appelle pas, je ne donne pas de nouvelles, je n’en prends pas plus. De la voir vivre sa meilleure vie aujourd’hui, avec son travail, et sa santé qui s’améliore parce qu’elle a eu le courage de se tenir debout devant l’adversité, ça me fait tripper!
J’ai dans mon entourage des gens formidables.
Vous savez ce que j’ai moins, dans mon Facebook? Des gens qui partagent leur journée de marde émotionnelle*. Parce que c’est une chose de partager des MEME qui font clairement comprendre aux autres que tu vis un bout rough, c’en est une autre de clamer haut et fort: Wooo. Ok. Là, ça va pas. Je vais péter un câble. J’AI BESOIN D’AIDE.
Vous savez pourquoi je n’en ai pas beaucoup de ça, dans mon Facebook? Parce que même en 2026, ça ne se fait pas! Même en 2026, la réponse classique à Comment ça va, c’est toujours : ça va bien, toi !? On pose la question mais, en vérité, on veut rarement savoir. La marde émotionnelle des autres, ça nous rend mal-à-l’aise. Je suis certaine (et c’est bien correct) que certains d’entre vous se disent : « mais mon Dieu, qu’est-ce qui lui prend à elle d’écrire des affaires de même ? »
Pourtant, on vit dans une société ou la communication est mise à l’avant-plan. On parle de santé mentale partout maintenant. Tout le monde le sait que tout le monde vit des journées de marde émotionnelle. Mais chuuuuttt... faut surtout pas en parler! J’ai fait 5-6, 7 dépressions majeures dans les 25 dernières années. J’ai pris de la médication, fait du reiki, de la méditation, des séances de breathwork, lu une quantité phénoménale de livre de croissance personnelle. Je me suis fait tirer aux cartes, au tarot! La seule chose que je n’ai pas essayé, c’est le sport et NON, VOUS NE M’Y PRENDREZ PAS, OK !?
Vous voulez savoir ce qui me fait du bien? Les MEME. Oui, oui. Les MEME. Vous savez, ces messages positifs et profonds qu’on partage sur Facebook, Tik Tok ou Insta parce que c’est moins difficile que de le dire soi-même. J’en partage très peu d’ailleurs, par peur de révéler des vérités sur ma personne que je ne voudrais pas rendre publiques (je suis paradoxale, je sais). Mais de savoir qu’il y a quelqu’un d’autre, quelque part dans le monde, qui partage un petit bout de ma pensée, bien ça me fait sentir moins seule.
De savoir qu’il y a d’autres personnes dans le monde qui vivent dans le brouillard et qui cherche désespérément à s’en sortir, ça me fait sentir moins seule. Et depuis quelques jours, de partager mes moments de marde émotionnelle, de les passer assise au bout de ma table de cuisine, à vous raconter des choses que je devrais probablement garder pour moi, ça me fait sentir moins seule. Merci d’être là!
*L’expression « marde émotionnelle » n’est pas de moi. Je l’ai lu dans « T’es pas game » de Marisol Michaud (que je recommande fortement d’ailleurs!). On travaille assez fort pour nos mots, je tiens à donner le crédit à qui de droit!
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