Wow, j’ai dans mon entourage, des gens formidables
J’écris beaucoup ces temps-ci. Ça se bouscule à la sortie! Je me sens comme une balloune qui dégonfle! Le stress me glisse doucement de sur les épaules à chacune de mes publications... et pourtant, ma vie est loin d’être un long fleuve tranquille! Je vous en dis beaucoup, mais je ne dis pas tout!
Cependant, comme je sais que l’être humain est une bibitte bien curieuse, je vais me dévoiler encore un peu plus même si je ne PEUX pas dévoiler les raisons de mon brouillard.
Disons simplement qu’il y a eu un gros big bang dans mon univers, et que ça a tout chamboulé. Je ne me souviens pas du jour... me souviens même pas de l’année aussi, je dis que mon brouillard dure depuis 4 ans, ça se peut que ce soit 3 comme ça se peut que ce soit 5. Je n’ai aucune notion de temps! 5 minutes, 10 minutes – 3 jours, pour moi c’est pareil : je ne m’en souviendrai pas demain et ne me demandez pas l’âge de mes enfants, je n’en suis pas sûre!
Ça n’a pas été immédiat. La déprime, ce n’est jamais immédiat. Ça s’installe doucement, sournoisement. Une pensée à la fois. On blâme la fatigue, le manque de sommeil, la journée de marde au bureau, l’air bête du voisin, les problèmes d’argent... le chat, le chien, le ménage qui ne se fait jamais tout seul câl*ce! On blâme le conjoint, pis un moment donné, quand il ne reste plus personne d’autre à blâmer, on se blâme soi-même. (Sans déconner, si ça te parle, déconne-pas. 988. Take a kayak.)
On se dit qu’on est poche en sale. On se dit qu’après 5 foutus dépressions il serait temps en criss de comprendre le mémo, mais malgré toutes les tentatives possibles et inimaginables de te botter le cul parce que tu es convaincue que c’est ce dont tu as besoin, de te botter le cul, le message ne passe toujours pas.
Tu te retrouves couché en boule dans ton lit, quand la journée de job vient de commencer depuis 10 minutes. Heureusement, tu travailles à distance, ça paraît moins... Puis le 10 minutes deviens trois-quarts d’heure, puis une p’tite heure... pour finalement finir en journée complète à te sentir coupable parce que tu le sais que tu devrais travailler mais que tu ne peux juste PAS! Oui, oui, j’ai fait ça. Plusieurs fois.
Ça n’existe pas, des congés pour cause de bouette mentale. Ça ne compte pas: j’ai mal-à-l’âme comme motif d’absence. Faque en plus de te sentir comme une merde parce que t’as pas pris de douche depuis 3 jours, t’es obligée de mentir pour pouvoir prendre une journée pour toi! Une journée pour te remettre d’aplomb (que tu crois!).
J’ai eu des patrons formidables. J’ai eu une carrière formidable. Pour vrai, je suis fière de mon parcours professionnel! Certains vont dire que j’ai peut-être trop donné, mais je n’ai jamais souffert d’épuisement professionnel. J’ai donné pour mon travail parce que je trippais ma vie à le faire, le plus souvent.
J’ai travaillé avec des gens de partout dans le monde. J’ai des amis en France, au Mexique, aux États-Unis, j’ai même une amie globe-trotter que je sais même pu où elle est rendue tellement elle change de pays souvent et je la trouve HOT EN SALE !!! J’ai vécu tout ça à cause de mon travail. J’ai rencontré tous ces gens formidables à cause de mon travail. J’ai fait de l’argent. Je n’avais aucune raison de laisser ça en plan... et pourtant.
J’ai démissionné.
Et là, je sais vous serez plusieurs à me dire MAIS POURQUOI T’AS RIEN DIT !?
1- Je ne parle pas
2- Parce que je n’aurais pas pu continuer, de toute façon. Et ça, je le savais.
C'est difficile à expliquer mais je vais essayer: La fille performante, fière, un tantinet orgueilleuse, fonceuse, qui porte ses projets à bouts de bras et qui oui, je l'avoue, est un peu trop zélée par bout, ben... elle a disparu!
Soudainement, ça ne lui tente plus de tout porter à bout de bras. Soudainement, elle a juste envie qu'on lui foute la paix!
Je suis tombée souvent. Je me suis relevée autant de fois. Mais cette fois-ci le cycle infernal, il m'a brisé. Et j'y ai laissé quelques croyances au passage dont celle qui dit qu'il faut se relever le plus vite possible. J'ai essayé! Je suis retournée au travail trop vite. Je n'étais pas prête! Alors je suis retombée...
Je suis encore en train de me relever. Mais cette fois-ci, j'y vais tranquillement. À mon rythme, sans me rusher. Y'a personne qui m'attends.
Je ne me plains pas! Je suis privilégiée. J'avais des assurances. Je pense à tous ceux et celles qui n'ont pas cette chance de pouvoir souffler pendant 3-4, 6 mois. le temps de gérer la situation.
Je suis privilégiée. J’ai eu des employeurs exceptionnels. Je suis fière de dire que la plupart des patrons avec qui j’ai travaillé me reprendrait dans leur équipe sans hésiter. J’ai été appréciée. Et je le dis sans prétention.
Reste que même en 2026, notre société est bien mal foutue lorsqu’il est question de santé mentale.