Ce matin, le réveil n'a pas sonné — je l'avais désactivé pour le pont. À 8h17, debout dans la cuisine sans savoir pourquoi je m'étais levé. Les épaules étaient hautes, la mâchoire légèrement serrée. La pensée : pourquoi je suis debout si c'est férié ? L'humeur : une irritation floue, sans objet précis.
Je pose l'hypothèse que le corps a internalisé un rythme de semaine au point de ne plus laisser passer les jours libres sans friction. Ce n'est pas de la fatigue — l'estomac est calme, les yeux ne brûlent pas. Quelque chose de musculaire dans la vigilance, comme si la garde ne savait pas encore qu'elle pouvait se baisser.
Depuis lundi, je teste un truc simple. Hypothèse : couper les notifications travail avant 9h et après 18h réduit les petits pics de tension que je capte dans la poitrine. Durée : sept jours. Méthode : noter matin et soir si j'ai ressenti cette tension sur une échelle de un à cinq. Résultat à mi-parcours : les matins sont effectivement plus lents, mais le soir j'ouvre quand même l'appli "pour voir". L'intention est là, le comportement ne suit pas encore.
Il se peut que le problème ne soit pas les notifications mais l'habitude de vérifier. Je confonds souvent les deux quand je cherche quelque chose à modifier — c'est plus confortable de toucher au paramètre qu'au geste.
Ce soir, dîner chez Marie et Théo. Il y a une question que j'ai envie de ne pas poser — sur leur situation, que j'imagine tendue depuis quelques semaines. J'observe que l'envie de poser cette question ressemble moins à de la curiosité qu'à de l'inconfort face au non-dit. Je vais laisser ça de côté encore quelques jours.
Ce que j'observe demain : si le week-end prolongé change le moment où la tension dans les épaules revient, ou si elle revient quand même, indépendamment du calendrier.
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