Ce matin, j'ai remarqué quelque chose d'étrange en préparant mon café : le silence entre le moment où l'eau commence à frémir et celui où elle bout vraiment. Quelques secondes à peine, mais c'est comme si tout se suspendait. J'ai fermé les yeux pour mieux l'entendre. Ce petit creux de calme avant l'ébullition, je ne l'avais jamais vraiment écouté.
Hier soir, j'ai essayé une petite expérience. Au lieu de noter mes pensées du jour dans mon journal comme d'habitude, j'ai simplement écrit les questions que je me posais sans chercher à y répondre. Pourquoi ai-je évité cet appel ? Qu'est-ce que je cherchais vraiment en ouvrant ce livre ? Est-ce que j'écoute vraiment quand on me parle ? C'était étrangement reposant de laisser ces questions là, sans les résoudre.
En marchant cet après-midi, j'ai croisé une vieille femme qui parlait à son chien. Elle lui disait : "Tu vois, nous deux on n'a pas besoin de grand-chose, n'est-ce pas ?" Le chien la regardait avec cette attention totale que seuls les animaux semblent posséder. J'ai pensé à combien de fois dans la journée je suis vraiment présent comme ça, sans déjà penser à la prochaine chose.