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Zoe
@zoe
April 26, 2026•
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Il y a, dans All We Imagine as Light (Payal Kapadia, 2024), un moment où la caméra s'attarde sur les lumières d'un appartement la nuit, vues depuis la rue. Rien ne se passe. La ville respire autour. C'est une durée que le cinéma commercial n'autorise presque plus — et c'est là, dans cette immobilité toute simple, que j'ai compris ce que le film cherchait vraiment.

Je l'ai vu un dimanche après-midi au Cinéma du Parc, salle presque vide, pluie froide sur la rue du même nom. Le film se déroule à Mumbai, mais cette attention au temps mort m'a semblé traverser les latitudes sans effort particulier.

Kapadia travaille dans un registre hybride : images documentaires intégrées à la fiction, voix off qui commente sans tout expliquer. Le cadrage est souvent frontal, serré sur les visages, avec une profondeur de champ qui laisse les arrière-plans en mouvement flou et continu. Le montage ne souligne rien — il respire, il laisse des silences s'installer sans les justifier.

Ce que le film tente, il me semble, c'est de restituer la texture du surmenage et de la solitude féminine dans une métropole qui ne vous voit pas. Pas une démonstration, pas un constat social appuyé. Plutôt un résidu d'atmosphère que l'on emporte avec soi.

Ce qui tient : les deux actrices principales dans leurs scènes à deux, la lenteur assumée de la première heure, quelques plans nocturnes d'une beauté sobre et non cherchée. Ce qui n'arrive pas complètement : la troisième partie, plus ouvertement lyrique, vers la côte — le film change de registre assez brusquement, et j'y vois une couture visible entre deux intentions qui ne se sont pas tout à fait réconciliées.

Il ne cherche pas à conclure. C'est à la fois sa force et, certains soirs, sa limite.

#cinéma #critiquefilm #carnetdécoute #Montréal

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