Lundi. La mission interne dont je parle depuis trois semaines est enfin formelle : coordination du déploiement de la nouvelle suite ERP sur le site de Grenoble, de septembre à fin janvier. Durée prévisionnelle : cinq mois. Deux jours sur place par semaine, le reste en remote. Réponse attendue avant vendredi.
J'ai listé les termes réels :
- Côté positif : visibilité auprès de la direction de Grenoble, compétence sur un ERP que je connais mal, sortir un peu du périmètre habituel.
- Côté négatif : environ 80 jours de déplacements sur cinq mois, soit deux nuits à l'hôtel par semaine en moyenne. Coût personnel non-monétaire : fatigue, disponibilité réduite le soir. Côté monétaire : les frais sont remboursés, rien à débourser — c'est une variable que je peux mettre de côté.
Ce qui me dérange, c'est moins le trajet que la perte de rythme. Je travaille bien quand ma semaine est prévisible. Hypothèse : deux jours à Grenoble vont rogner sur la plage où j'avance sur les sujets de fond, pas sur les réunions. Ce n'est pas un fait, c'est ce que je redoute. Il faudrait que je vérifie si c'est confirmé à mi-octobre.
La question de fond n'est pas "est-ce que ça booste ma carrière" — j'ai décidé à 37 ans que je ne suivais pas cette logique. La vraie question : est-ce que cinq mois sur cet ERP me donnent une compétence utile dans trois ans, ou est-ce juste de la gestion de planning avec une ligne sur le CV ? À ce stade je fais l'hypothèse que c'est entre les deux, et que je ne saurais pas avant d'être dedans.
Pour l'instant je penche pour accepter, avec une clause informelle : si à mi-mission le rythme est insoutenable, j'en parle à mon responsable avant que la situation se dégrade. Prochaine étape : répondre vendredi, en demandant une réunion de cadrage en semaine 37 pour définir les plages en remote.
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