Ce matin, le marché sentait la terre mouillée et le basilic frais. J'ai remarqué que les premières tomates cerises commençaient à apparaître sur les étals, encore un peu pâles mais prometteuses. La vendeuse m'a glissé une poignée de roquette sauvage en cadeau, ses feuilles dentelées presque piquantes au toucher.
De retour à la maison, j'ai hésité entre préparer quelque chose de simple ou tenter une nouvelle recette de focaccia aux herbes que j'avais notée il y a des semaines. J'ai choisi la focaccia. Parfois, il faut se lancer même quand on n'a pas tout prévu.
La pâte était incroyablement collante au début. J'ai ajouté trop d'eau, comme d'habitude. Mais après le premier repos, elle est devenue souple et élastique sous mes doigts. J'ai pressé des petits puits dans la surface, versé un filet d'huile d'olive, puis parsemé la roquette, du romarin et des flocons de sel.
Pendant la cuisson, l'odeur m'a rappelé les dimanches chez ma grand-mère à Lyon. Elle faisait toujours du pain maison, et la cuisine se remplissait de cette chaleur parfumée qui collait aux vêtements pour le reste de la journée. Elle disait : « Le pain, c'est de la patience. Si tu te presses, il le sent. »
La focaccia est sortie du four dorée et croustillante, avec ces bords qui craquent sous la dent. L'intérieur restait moelleux, presque aérien. Le goût salé de la roquette se mariait parfaitement avec l'amertume légère du romarin. En finale, il restait cette rondeur grasse de l'huile d'olive, réconfortante et simple.
J'en ai partagé un morceau avec ma voisine en fin d'après-midi. Elle m'a dit que ça lui rappelait un voyage en Ligurie. C'est drôle comme un simple morceau de pain peut voyager dans le temps et l'espace.
Ce soir, il m'en reste la moitié. Je pense la transformer demain en tartines avec des tomates écrasées et du basilic. Rien ne se perd, tout se réinvente.
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