L'ail chauffait dans l'huile froide, lentement, sans siffler encore — juste ce murmure qui précède. J'avais posé la sauteuse sur feu doux et je n'avais rien à faire pendant quelques minutes, alors j'ai regardé les courgettes sur la planche, encore couvertes de terre fine du maraîcher rue du Chai-des-Farines.
Il m'avait dit, ce matin au marché des Capucins, qu'elles venaient d'être coupées à l'aube. Petites, fermes, à peine plus longues que ma main. J'en ai pris six, de quoi cuisiner deux jours.
Je les ai tranchées en rondelles épaisses, jetées dans la sauteuse avec l'ail doré. Le contact a produit un crépitement court, puis tout s'est calmé. L'arôme qui est monté — herbe sèche, huile chaude, quelque chose de légèrement sucré — m'a rappelé un été chez ma grand-mère, quand elle coupait les courgettes de son jardin au-dessus d'une vieille casserole émaillée, sans regarder ce qu'elle faisait, les yeux tournés vers la fenêtre.