Ce matin, j'ai ouvert la fenêtre pour laisser entrer l'air frais de janvier. Le marché du quartier était déjà animé, et j'ai décidé d'y descendre pour trouver de quoi préparer un plat réconfortant. Les étals débordaient de légumes d'hiver : des courges orangées, des poireaux aux feuilles vert foncé, des champignons bruns encore humides de terre. J'ai choisi trois beaux poireaux, une courge butternut bien lourde, et une barquette de champignons de Paris. La vendeuse m'a souri en glissant quelques branches de thym dans mon sac.
De retour à la maison, j'ai commencé par éplucher la courge. La chair orange vif contrastait avec la peau beige et dure. J'ai dû m'y reprendre à deux fois avec l'économe, et je me suis rappelé le conseil de ma grand-mère : « Coupe-la d'abord en deux, c'est plus facile. » Elle avait raison, bien sûr. Les morceaux de courge sont allés dans une casserole avec un peu d'huile d'olive, pendant que je nettoyais les poireaux en les fendant en deux sous l'eau froide. Les lamelles blanches et vertes glissaient entre mes doigts, dégageant une odeur douce et légèrement sucrée.
J'ai fait revenir les poireaux dans une grande poêle avec un peu de beurre. Le bruit du grésillement remplissait la cuisine, accompagné de ce parfum inimitable qui me ramène toujours aux dimanches chez mes parents. Quand les poireaux ont commencé à dorer, j'ai ajouté les champignons émincés. Ils ont rendu beaucoup d'eau au début, puis se sont concentrés, prenant une teinte brune et brillante. J'ai versé un peu de crème fraîche, une pincée de sel, du poivre noir moulu, et quelques feuilles de thym.