Ce matin, le marché sentait la terre mouillée et le basilic frais. J'ai remarqué une nouvelle vendeuse avec des tomates anciennes, chacune dans un camaïeu différent – jaune pâle, rouge sombre, presque noir. Je lui ai demandé laquelle elle préférait pour une sauce. Elle a souri :
« La noire. Elle a du caractère. »
J'en ai pris trois variétés pour comparer. De retour à la cuisine, j'ai coupé chacune en quartiers. La jaune était douce, presque sucrée, avec une chair ferme qui craquait sous le couteau. La rouge classique avait ce goût familier, acidulé, qui me ramène aux étés chez ma grand-mère – elle les faisait blanchir avant de les peler, une patience que je n'ai jamais eue. La noire, elle, avait une saveur profonde, presque fumée, une texture fondante qui laissait les doigts brillants de jus.