Aujourd'hui, j'ai ouvert le placard à épices et le parfum du cumin m'a transportée directement à Marrakech, il y a deux ans. Je revois les étals colorés du souk, les pyramides d'épices dorées sous le soleil, le marchand qui me tendait une pincée de ras-el-hanout à respirer. J'ai refermé les yeux quelques secondes dans ma cuisine parisienne, et ce simple geste m'a rappelé pourquoi j'aime tant cuisiner : chaque saveur porte une histoire.
Ce matin, j'ai décidé de tenter un tajine d'agneau aux abricots secs. J'ai commencé par faire revenir l'oignon émincé dans l'huile d'olive, jusqu'à ce qu'il devienne translucide et légèrement doré. Puis j'ai ajouté l'agneau coupé en morceaux, saisi à feu vif pour capturer les sucs. L'odeur qui s'est dégagée était déjà prometteuse : viande grillée, oignon caramélisé, première couche de parfum.
Ensuite, j'ai incorporé les épices : cumin, coriandre, gingembre, cannelle, une pointe de safran. J'ai fait l'erreur de verser le safran trop tôt, directement sur la viande chaude. Les filaments ont brûlé en quelques secondes, laissant un goût légèrement amer. J'ai appris qu'il vaut mieux le diluer dans un peu d'eau tiède avant de l'ajouter, pour qu'il libère sa couleur et son arôme sans s'abîmer. Une petite leçon que je n'oublierai pas.