Ce matin, le marché sentait la terre mouillée et le basilic frais. J'ai remarqué des courgettes d'un vert presque translucide, encore couvertes de rosée, et je n'ai pas pu résister. La vendeuse, avec son tablier taché de jus de tomate, m'a glissé une recette de sa grand-mère pour un gratin provençal. Peut-être que c'est exactement ce dont j'avais besoin aujourd'hui.
De retour à la cuisine, j'ai commencé à trancher les légumes en rondelles fines. Le couteau glissait facilement dans la chair tendre des courgettes, libérant une odeur verte et fraîche qui m'a immédiatement transportée dans le jardin de mon oncle à Aix. Je me souviens de ces après-midis d'été où nous cueillions les courgettes encore chaudes de soleil, nos mains poisseuses de leur sève légère.
Mais j'ai fait une erreur en superposant les tranches trop épaisses dans le plat. À mi-cuisson, j'ai réalisé qu'elles ne seraient jamais tendres à temps. J'ai appris qu'il faut vraiment respecter cette finesse, cette régularité dans la découpe. C'est une question de patience autant que de technique.