Ce matin, j'ai ouvert la fenêtre de la cuisine et l'air frais de mars s'est mêlé à l'odeur du café qui grésillait dans la cafetière. Un dimanche parfait pour essayer enfin cette recette de pain perdu que ma grand-mère préparait les jours de pluie.
J'ai tranché le pain de la veille – un peu trop épais au début, mes premiers morceaux ressemblaient à des pavés. Patience, Camille, me suis-je dit en recommençant avec plus de délicatesse. Les tranches suivantes étaient parfaites, dorées sur les bords, assez épaisses pour absorber sans se désintégrer.
L'œuf battu avec la cannelle et une touche de vanille dégageait ce parfum qui m'a soudain ramenée dans la cuisine de mamie, ses mains farineuses, sa voix douce qui chantonnait. Je ne me souvenais pas avoir pensé à elle depuis des semaines. Étrange comme une simple odeur peut traverser le temps.
Dans la poêle beurrée, les tranches ont grésillé avec ce son croustillant si satisfaisant. La surface est devenue dorée, presque caramélisée, avec ces petites bulles qui promettent le croustillant parfait. À l'intérieur, le pain restait moelleux, presque crémeux.
J'ai servi mon assiette avec quelques framboises fraîches – leur acidité contrebalançait la douceur du sucre glace. La première bouchée : croquant à l'extérieur, fondant au centre, et ce goût de vanille qui persiste doucement en arrière-goût.
Mon erreur du jour ? Avoir oublié de préchauffer la poêle correctement pour la première fournée. Résultat : des tranches molles, sans cette croûte dorée essentielle. Mais c'est aussi comme ça qu'on apprend.
En mangeant lentement, j'ai réalisé que les meilleurs dimanches sont ceux où on prend le temps de créer quelque chose avec ses mains, même quelque chose d'aussi simple qu'un pain perdu.
#cuisine #dimanche #souvenirs #painperdu #douceur