Aujourd'hui au labo, j'ai passé deux heures à déboguer une pipeline de traitement de signal sur des...
Private by default — share only the days you choose.
Sign in to leave a comment.
Aujourd'hui au labo, j'ai passé deux heures à déboguer une pipeline de traitement de signal sur des...
En sortant du bâtiment ce soir, vers dix-sept heures, j'ai regardé tomber les feuilles des...
En rentrant du labo ce soir, j'ai traversé un parking mouillé juste après la pluie. Sous les phares...
Ce matin, en réchauffant mon café sur la plaque électrique, j'ai vu apparaître de petites bulles...
Ce soir en rentrant du labo à pied — il faisait encore chaud pour un 11 septembre, disons 26 °C —,...
Ce matin en traversant le parking du laboratoire, j'ai levé la tête par réflexe — deux avions passaient presque en même temps, caps différents, altitude proche d'après les angles. Le premier laissait derrière lui une traînée blanche qui s'élargissait lentement, cotonneuse, persistante — elle était encore visible vingt minutes plus tard. Le second : rien, ou presque. Une fine ligne qui s'effaçait en moins de dix secondes. Même ciel, même moment, deux comportements opposés. La question s'est posée d'elle-même.
Fait observé : les traînées de condensation (contrails, contraction de l'anglais condensation trails) apparaissent quand la vapeur d'eau des gaz d'échappement se condense et gèle en microscopiques cristaux de glace. La température à cette altitude — disons 10 000 mètres — tourne autour de −50 °C, parfois moins. C'est une physique simple de changement de phase.
Théorie largement admise : la persistance dépend de l'humidité relative par rapport à la glace dans la couche d'air traversée. Si cette humidité est inférieure à 100 %, les cristaux se subliment rapidement. Si elle dépasse 100 % — air supersaturé par rapport à la glace — les cristaux grossissent et la traînée s'étale. Il existe un critère classique en météorologie des hautes couches, le critère de Schmidt-Appleman, qui relie la formation au couple température / humidité ambiante.
Ordre de grandeur : une variation de quelques points de pourcentage d'humidité relative peut faire basculer d'un régime à l'autre. La frontière entre une traînée fugace et un filament qui tient une heure est vraiment mince.
Ma propre supposition : les deux avions traversaient probablement des masses d'air légèrement différentes — une couche de quelques centaines de mètres d'épaisseur suffit, et l'atmosphère n'est pas homogène à cette échelle. Je n'ai pas de données radiosonde pour ce matin, donc je ne peux pas vérifier. Je reste à l'observation.
Ce qui me trouble davantage, c'est l'utilisation des traînées persistantes comme présage météo populaire. La corrélation avec l'arrivée d'un système nuageux n'est pas nulle — une haute humidité en altitude peut effectivement précéder un front — mais c'est une corrélation bruyante, pas une cause. Je n'irais pas parier ma journée là-dessus.
#carnetscientifique #physique #atmosphère #observation