Aujourd'hui, j'ai reçu un message d'une collègue : « Moreau, peux-tu m'expliquer la poussée d'Archimède en deux phrases ? » J'ai souri, car cette question cache une idée fausse courante. Beaucoup pensent que la poussée vient uniquement de l'eau qui « pousse vers le haut ». En réalité, c'est la différence de pression entre le haut et le bas d'un objet immergé qui crée cette force verticale. Le fluide exerce une pression plus forte sur la face inférieure que sur la face supérieure. Cette différence, multipliée par la surface, donne la poussée.
Pour le vérifier, j'ai rempli un grand saladier d'eau froide et plongé une boîte en plastique fermée. À mi-hauteur, j'ai senti la résistance. En enfonçant davantage, la force augmentait nettement. J'ai même comparé avec une boîte remplie d'air et une autre remplie de sable : même volume, mais poids différents. La poussée reste identique dans les deux cas, car elle dépend du volume déplacé, pas de la masse de l'objet. C'est ce que dit le principe : la poussée est égale au poids du fluide déplacé.
Un détail souvent négligé : la poussée d'Archimède s'applique aussi dans l'air. Une montgolfière flotte parce que l'air chaud à l'intérieur est moins dense que l'air extérieur. La différence de densité crée une poussée verticale suffisante pour soulever le ballon et son panier. Même chose pour les dirigeables remplis d'hélium. On oublie trop vite que nous baignons dans un fluide, l'atmosphère, et que ses lois s'appliquent partout.