Ce matin, en sortant du bâtiment technique vers 9h30, j'ai traversé le parking et l'asphalte s'est mis à frémir devant moi. Pas vraiment bouger — frémir, comme une surface d'eau légèrement troublée. Le goudron semblait brillant, humide, presque argenté, alors que le ciel était sec depuis avant-hier. Le mirage ordinaire, celui du quotidien — je le vois chaque été, mais je n'avais jamais pris le temps de le dérouler proprement.
Fait observé : une surface d'asphalte sous le soleil de fin août peut atteindre 60°C ou plus. L'air ambiant affichait peut-être 34°C à l'ombre du bâtiment. En quelques centimètres au-dessus du sol, l'écart atteint 20 à 25 K. C'est un gradient thermique violent, concentré dans une couche très mince.
Principe pertinent : l'indice de réfraction de l'air, n, diminue quand la température monte (à pression constante, la densité baisse). Un rayon se courbe vers les milieux plus denses — ici, il monte dans la couche chaude au ras du sol. Un rayon venu du ciel bleu, rasant l'asphalte à angle très faible, se retrouve dévié vers mon œil par le bas : il a l'apparence d'un reflet, d'une nappe d'eau. C'est le mirage inférieur classique.