Ce matin, en touchant la poignée métallique du laboratoire, j'ai reçu une petite décharge électrique. Encore. Mon collègue m'a dit en riant que c'était à cause du frottement de mes chaussures sur le tapis. Une explication répandue, mais imprécise.
L'électricité statique n'est pas vraiment créée par le frottement. C'est un transfert d'électrons entre deux matériaux qui ont des affinités différentes pour les charges. Quand je marche sur le tapis, mes semelles arrachent des électrons aux fibres synthétiques. Mon corps accumule alors un excès de charges négatives. Au moment où je touche le métal, ces électrons se précipitent pour rééquilibrer les charges. Zap.
J'ai fait une petite expérience hier : j'ai touché le cadre métallique avec un trousseau de clés d'abord, puis directement avec mon doigt. Avec les clés, je voyais une minuscule étincelle bleue mais ne sentais presque rien. Avec le doigt, pas d'étincelle visible mais une piqûre nette. Pourquoi ? La surface de contact change tout. Les clés concentrent la décharge sur une zone minuscule, créant une densité d'énergie suffisante pour ioniser l'air et produire de la lumière. Mon doigt, plus large, disperse la même énergie sur davantage de récepteurs nerveux.