Ce matin, en visitant une vieille église avec ma nièce, elle m'a montré les vitraux anciens et déclaré avec assurance : « Tu vois comme le verre est plus épais en bas ? C'est parce que le verre coule lentement, comme un liquide très viseux. » J'ai hésité un instant. Devais-je corriger cette idée reçue si répandue, au risque de gâcher sa curiosité, ou laisser passer ? J'ai choisi la première option, mais avec douceur.
Le verre n'est pas un liquide qui s'écoule.
C'est un solide amorphe, figé dans une structure désordonnée comparable à celle d'un liquide, mais sans aucune mobilité moléculaire à température ambiante. La confusion vient d'une mauvaise interprétation : les vitres médiévales sont effectivement plus épaisses d'un côté, mais c'est un artefact de fabrication. Les souffleurs de verre de l'époque ne maîtrisaient pas l'uniformité parfaite, et les installateurs posaient simplement le côté lourd en bas pour des raisons de stabilité.