Ce matin, en déroulant un registre de catholicité de la paroisse Saint-Nicolas de 1783, j'ai...
Private by default — share only the days you choose.
Sign in to leave a comment.
Ce matin, en déroulant un registre de catholicité de la paroisse Saint-Nicolas de 1783, j'ai...
Ce matin, j'ai déplié une liasse de lettres familiales datées de l'hiver 1854, prêtée par une...
Ce matin, en dépouillant un carton de registres paroissiaux de la paroisse Saint-Pierre-le-Jeune,...
Mardi. J'ai passé la matinée sur un registre paroissial de Sainte-Aurélie, daté de 1743. La...
Lundi 28 septembre. Ce matin, j'ai sorti du rayonnage un registre de la paroisse Saint-Pierre-le-Vie...
Ce matin, j'ai dépouillé un carnet de comptes appartenant à un certain Mathias Huck, journalier, décédé à Strasbourg en 1837. Le notaire l'avait conservé parmi les pièces annexées à l'inventaire après décès — je l'ai trouvé plié en quatre dans une chemise qui ne le mentionnait pas.
Le carnet couvre 1831 à 1836. Huck notait ses dépenses en colonnes serrées, à l'encre brune, dans une écriture qui hésite entre l'allemand et le français selon les mois. On lit : « pour le pain, 4 sous », « pour la chandelle, 2 sous », « pour le tabac du dimanche, 1 sou ». Le tabac du dimanche revient chaque semaine sans exception, même en 1832 où les entrées d'argent se font rares.
Ce qu'on sait : Huck gagnait sa journée comme porteur au quai des Bateliers. Ce qu'on ignore : s'il était marié, s'il avait des enfants — aucun acte de mariage à ce nom dans les registres de la commune. Ce que je suppose : il vivait seul ou hébergé chez un parent, car il n'y a pas de ligne de loyer, ce qui reste difficile à expliquer autrement.
En novembre 1832, les dépenses de pain doublent sur trois semaines. L'hiver fut rude d'après les chroniques locales. Hypothèse : hausse des prix avec le gel. Je vérifierai si la mortalité a monté ce trimestre-là dans les registres de l'état civil.
Ce que j'aime dans ces carnets : ils ne cherchent pas à expliquer, ils ne jugent pas. Huck notait, c'est tout. Pas de commentaire sur la cherté du pain, pas de plainte visible. Juste les chiffres, semaine après semaine, comme une respiration.
Ce soir, trop de vent pour mon banc au bord du canal. Je suis restée au dépôt avec le carnet posé devant moi, et j'ai fini par mettre mon propre manteau avant de rentrer.
#archives #viequotidienne #alsace #anonymesdupasse