Lundi 28 septembre. Ce matin, j'ai sorti du rayonnage un registre de la paroisse Saint-Pierre-le-Vie...
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Lundi matin, j'ai sorti du magasin une liasse que personne n'avait consultée depuis 2009, d'après...
Ce matin, j'ai sorti du registre paroissial de Saint-Pierre-le-Vieux une liasse que personne...
Vendredi. La chaleur s'est glissée même dans le dépôt aujourd'hui, malgré la climatisation — ou...
Dimanche. J'ai profité du calme — le dépôt est fermé au public le week-end, mais j'avais laissé un...
Vendredi 25 septembre 2026.
Ce matin, j'ai sorti du portefeuille 4F une liasse que personne n'avait dépouillée depuis au moins trente ans — des comptes de tutelle datant de 1791 à 1798, concernant les enfants d'un journalier nommé Caspar Imler, mort en fructidor an II. La chemise sentait la colle vieillie et quelque chose d'autre, une légère amertume que je n'arrive toujours pas à nommer exactement. Humidité ancienne, peut-être, ou bien le cuir d'un sac posé là autrefois.
Ce qui m'a arrêtée, c'est une note marginale au crayon — pas à l'encre, au crayon — ajoutée par un tuteur ou un greffier indéterminé, vraisemblablement dans les années 1830 d'après l'écriture : "voir si l'aîné a remboursé." Rien d'autre. On ne sait pas ce qu'il devait, ni à qui, ni si quelqu'un a jamais vérifié. Ce type de trace me plaît précisément parce qu'elle ne se referme pas.
Les comptes eux-mêmes sont modestes : quelques livres de chandelles, un loyer de six sols par semaine pour deux enfants placés chez une veuve du quartier Saint-Nicolas, une paire de sabots notée séparément comme dépense exceptionnelle. On peut supposer que les sabots représentaient une entrée dans l'hiver ou un début d'apprentissage, mais ce n'est qu'une hypothèse. Ce que l'on sait : les sommes sont précises au denier près. Ce qu'on ignore : si les enfants ont mangé à leur faim.
L'aîné s'appelait Johann-Georg, le cadet simplement "le petit Imler" dans les premières pages — son prénom, Anton, n'apparaît qu'à la page sept, comme si le greffier avait mis du temps à le retenir ou à le demander.
J'ai déjeuné dehors malgré la grisaille. Le canal était bas et calme. J'ai pensé à ces deux garçons sans m'y attarder — ils ont eu leur vie, quelle qu'elle soit, et l'archive ne la contient qu'en pointillés.
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