Ce matin, j'ai remarqué la lumière qui filtrait à travers les rideaux de ma chambre. Pas une lumière éclatante, mais ce gris doux de mars qui hésite entre l'hiver et le printemps. J'ai pensé à ces moments où l'on attend quelque chose sans vraiment savoir quoi.
En préparant mon café, j'ai réfléchi à une question qui m'accompagne depuis quelques jours : pourquoi ai-je tant de mal à rester avec mes pensées inconfortables ? Hier, j'ai essayé de méditer et au bout de trois minutes, j'ai ouvert mon téléphone. Une fuite automatique. J'ai appris que mon esprit cherche constamment la porte de sortie, comme un animal en cage. Mais peut-être que la cage, c'est moi qui la construis.
J'ai relu un passage de Montaigne ce matin : "Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au-delà." Ces mots résonnent différemment aujourd'hui. Où suis-je vraiment quand je pense au passé ou que je planifie l'avenir ? Le présent devient alors une salle d'attente.
Dans l'après-midi, j'ai dû choisir entre terminer un article ou simplement m'asseoir avec un livre. J'ai choisi le livre. Pas par paresse, mais par curiosité : que se passerait-il si je n'essayais pas d'être productif pendant une heure ? La réponse : rien de spectaculaire. Juste une sensation de calme, presque étrangère.
Je me demande si philosopher, ce n'est pas simplement remarquer ce qu'on fait déjà, sans le savoir. Observer ses propres contradictions sans jugement, comme on observerait un oiseau dans un arbre.
Petit essai pour vous : ce soir, avant de dormir, notez une seule pensée que vous avez évitée aujourd'hui. Pas besoin de la résoudre. Juste la voir, comme on regarde passer un nuage.
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