Ce matin, en ouvrant mon ordinateur à 8h12, j'ai remarqué que j'avais déjà ouvert trois onglets avant même de savoir pourquoi. Sensation : une légère tension dans les épaules, presque une anticipation physique. Pensée : je dois rattraper quelque chose. Humeur : pas d'anxiété franche, plutôt une sorte d'agitation sourde, comme un moteur qui tourne à vide.
Je pose l'hypothèse que ce réflexe d'ouverture compulsive n'est pas lié à une tâche précise, mais à un état corporel qui précède la conscience. Comme si le corps décidait il faut s'activer avant que l'esprit ait formulé quoi que ce soit. Ce n'est pas désagréable en soi, mais ça me trouble un peu — parce que ça ressemble à de l'automatisme pur, sans intention derrière.
J'ai commencé lundi une petite expérience :
- Hypothèse : ouvrir l'ordinateur avec une seule tâche nommée à l'avance (écrite la veille sur papier) réduit ce flottement du matin
- Durée : sept jours
- Vérification : noter l'état des épaules et le nombre d'onglets ouverts dans les cinq premières minutes
- Ressenti à ce stade : jour 2, mitigé — hier ça a fonctionné, ce matin moins, peut-être parce que j'avais mal dormi
La nuit a été courte, interrompue vers 3h sans raison apparente. Estomac un peu serré au réveil, yeux lents à accommoder. Il se peut que l'état corporel du matin dépende autant du sommeil que de l'intention consciente. À supposer que ce soit vrai, l'expérience serait biaisée les jours de mauvaise nuit — ce que je n'avais pas anticipé dans le protocole.
La question que je me pose : est-ce que j'essaie de contrôler l'attention, ou juste de nommer ce qui se passe déjà ?
Je ne tranche pas encore. Ce soir j'observe si l'écriture de la tâche du lendemain change quelque chose à l'endormissement.
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