Ce matin, en versant le café, j'ai remarqué que mes épaules étaient déjà remontées — avant même d'avoir allumé l'écran. Sensation : une tension fine juste sous les omoplates. Pensée : rien de précis, plutôt un fond sonore vague du genre il faut que. Humeur : neutre, mais avec une légère résistance à démarrer. J'ai posé la tasse et je suis resté debout une minute sans rien faire. Le geste n'était pas calculé — c'est juste que m'asseoir déclenchait quelque chose que je ne voulais pas encore activer.
Cette semaine je testais quelque chose de précis :
- Hypothèse : une nuit de moins de six heures modifie mon seuil de tolérance dans les deux premières heures du matin, indépendamment du café.
- Durée : sept jours, du 2 au 8 juillet.
- Méthode : noter au réveil la durée estimée du sommeil, le niveau de tension dans les épaules (1 à 5), et la première chose qui m'a agacé avant midi.
- Ressenti à ce stade : la corrélation semble tenir, mais elle varie selon que j'ai mangé tôt ou tard la veille. Je n'avais pas prévu cette variable.
Hier soir, cinq heures vingt de sommeil. Ce matin : épaules à 4, agacement avant neuf heures — un message reçu sans ponctuation, qui m'a semblé, un instant, presque hostile. Il ne méritait pas cette lecture. C'est l'état du corps qui l'avait coloré.
Il se peut que la fatigue ne produise pas directement la mauvaise humeur, mais qu'elle réduise la marge de tolérance à l'ambiguïté. Je pose l'hypothèse que c'est la même chose, mais que la distinguer change ce qu'on peut en faire. Ou pas. Je ne suis pas encore sûr de la différence pratique.
Demain, je noterai si l'heure du déjeuner agit comme une sorte de reset partiel. L'heure du dîner aussi, à supposer que je pense à le noter avant de m'endormir trop tôt.
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