Ce matin, j'ai renversé mon café — pas tout, juste une giclée sur la table. Rien de grave. Mais j'ai senti quelque chose dans la gorge, une tension courte, presque de la colère. Pas pour le café. Pour le lundi, peut-être. Ou pour rien de précis.
J'ai noté ça : épaules légèrement remontées, mâchoire serrée, respiration haute. Ce n'était pas de la pensée, c'était du corps. La pensée est venue après : il faudrait que la semaine soit moins dense. Et le sentiment, encore après : une vague lassitude qui ne correspond à rien de réel, parce que la semaine ne fait que commencer.
Depuis trois jours je teste quelque chose sur les notifications. Voilà les paramètres :
- Hypothèse : couper les notifications entre 8h et 12h réduit les micro-interruptions qui fragmentent la concentration du matin.
- Durée : sept jours, jusqu'au dimanche 12 juillet.
- Méthode : je note à 12h30 si j'ai eu l'impression de "suivre un fil" ou de "sauter entre des fragments".
- Ressenti à ce stade : mitigé. Les matins sont plus calmes, mais il m'arrive de vérifier le téléphone par habitude, même silencieux. C'est intéressant. Le geste existait avant le bruit.
Ce qui me retient là-dedans, c'est moins la productivité que le geste lui-même — attraper l'écran sans raison identifiable. Sensation corporelle : légère contraction dans les doigts, anticipation sans objet. Pensée associée : est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? Rien d'urgent, en réalité, n'attend jamais entre 8h et midi.
Je ne sais pas encore si c'est l'ennui, l'anxiété de fond, ou simplement une habitude motrice sans contenu. Peut-être les trois, peut-être dans des proportions différentes selon les jours. Je pose ça comme question ouverte pour la suite de la semaine : est-ce que je cherche une information ou juste une sortie du moment présent ?
Ce soir j'observerai si les épaules redescendent à un moment précis — après le travail, après manger, ou jamais vraiment.
#introspection #expériencedusoi #notifications #journalintime