Ce matin, en posant ma tasse sur le bureau, j'ai remarqué que mes épaules étaient déjà contractées. Pas de raison immédiate. J'avais dormi sept heures, mangé correctement. Pourtant quelque chose résistait.
La sensation : une légère pression derrière les yeux, une mâchoire un peu serrée. La pensée qui suivait : je ne veux pas que cette journée commence. Le sentiment, distinct des deux autres : une agitation sourde, pas exactement de l'anxiété, plutôt de l'impatience sans objet.
J'ai tenté de remonter la chaîne. Hier soir, j'ai regardé des vidéos jusqu'à 23h30 — des choses sans intérêt réel, le genre qu'on regarde parce qu'on ne sait pas comment s'arrêter. Je pose l'hypothèse que ce n'est pas la durée qui a compté, mais la qualité de la transition : aucune. Écran allumé, puis lit, puis réveil. Rien entre les deux pour marquer une frontière.
J'avais commencé une expérience là-dessus il y a dix jours, puis abandonnée sans même m'en rendre compte :
- Hypothèse : vingt minutes sans écran avant de dormir modifient la qualité du réveil.
- Durée : deux semaines.
- Méthode : noter le ressenti au lever sur une échelle personnelle — corps tendu / neutre / disponible.
- État actuel : interrompu au quatrième jour pour une raison que je ne me rappelle plus.
À supposer que l'interruption soit significative en elle-même — que j'aie sabordé le test précisément au moment où il devenait contraignant — il se peut que c'est là que réside l'information réelle, et non dans le résultat que j'aurais obtenu en allant jusqu'au bout.
Est-ce que je résiste à savoir, ou seulement à la discipline du test ?
Je reprends ce soir. Pas de jugement sur hier. J'observe demain matin ce que le corps dit en premier.
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