Ce matin, en cherchant mes clés pendant quatre minutes, j'ai senti les épaules monter vers les oreilles avant même de l'avoir remarqué mentalement. Ça, c'était la sensation. La pensée qui a suivi : pourquoi je ne range jamais rien au même endroit. Le sentiment, lui, est arrivé en troisième — quelque chose entre l'agacement et une légère honte, pas très intense, mais reconnaissable.
Ce qui m'intéresse, c'est l'ordre. Le corps a réagi en premier. La narration est venue après. Et le sentiment — cette coloration émotionnelle — s'est greffé sur les deux, pas l'inverse. Il se peut que la plupart de mes "états" fonctionnent ainsi : une sensation mal nommée qui précède tout, une histoire qui la justifie ensuite, et seulement alors une humeur durable.
J'ai arrêté les notifications téléphone dimanche soir — c'est le troisième jour. Les paramètres de l'expérience :
- Hypothèse : l'absence de notifications réduit les micro-interruptions de pensée, mais pas nécessairement le stress global.
- Durée : une semaine, jusqu'à dimanche.
- Vérification : noter chaque soir si j'ai vérifié le téléphone par habitude ou par besoin réel.
- Ressenti à ce stade : un vague inconfort le matin, puis un oubli presque total l'après-midi. Hier soir, vers 20h30, l'envie de vérifier était là, nette, sans raison identifiable — je ne l'ai pas fait.
L'inconfort matinal ressemble à ce que j'associe à l'ennui, mais ce n'est probablement pas ça. C'est peut-être l'absence d'un signal externe qui structurait ma transition entre le sommeil et la journée, sans que je m'en aperçoive. Le café joue peut-être un rôle similaire — je note ça pour une autre fois.
Est-ce que j'utilise le téléphone pour réguler quelque chose que je préfère ne pas regarder directement ?
Je ne tranche pas. J'observe ce qui se passe demain matin, dans les dix premières minutes après le réveil — l'estomac, les yeux, l'envie ou non de toucher l'écran.
#introspection #expériencepersonnelle #journalintime #attention