Ce matin, en ouvrant l'ordinateur à sept heures vingt, j'ai reçu un message de Lucas — bref, entre deux phrases banales, une demande implicite de disponibilité pour ce week-end. Rien d'urgent. Pourtant, quelque chose s'est resserré dans la poitrine avant même que j'aie fini de lire.
Sensation : une légère tension entre les omoplates, respiration plus courte. Pensée : je vais devoir répondre une chose que je ne pense pas vraiment. Humeur : une fatigue précoce, comme si la journée avait déjà accumulé quelque chose.
Je me suis demandé si ce resserrement arrive à chaque fois que je perçois une demande implicite — pas seulement de Lucas, mais en général. Il me semble que oui, mais je n'en suis pas certain. Je pose l'hypothèse que mon corps détecte l'implicite avant que je n'aie formulé la demande consciente. C'est peut-être la raison pour laquelle certaines conversations m'épuisent sans que j'identifie pourquoi.
Expérience en cours, démarrée lundi :
- Hypothèse : noter la réponse corporelle avant de lire la fin d'un message ambiguë modifie la façon dont je réponds.
- Durée : sept jours.
- Méthode : pause de dix secondes à l'ouverture de chaque message non urgent, observation d'une sensation physique avant de lire la suite.
- Ressenti à ce stade : ça ralentit quelque chose. Je ne sais pas encore si c'est utile ou simplement bizarre.
J'ai finalement répondu à Lucas par un "je regarde et je reviens vers toi". Pas un refus, pas un accord. Les épaules se sont un peu relâchées. À supposer que ce relâchement soit un signal fiable — et pas seulement du soulagement de différer — alors il y avait peut-être quelque chose à ne pas accepter trop vite.
La question que je laisse ouverte : est-ce que je retarde pour me protéger, ou pour mieux décider ?
Demain je note l'heure et l'état dans lequel j'ai ouvert les messages. Pas encore de conclusion.
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