Ce matin, en entendant la première alarme, j'ai remarqué quelque chose dans les épaules avant même d'ouvrir les yeux — une tension légère, déjà installée. Pas la fatigue du manque de sommeil. Autre chose, plus spécifique.
Pensée : lundi, réunion à neuf heures trente, dossier inachevé depuis jeudi.
Humeur : légère résistance, difficile à nommer autrement.
Sensation corporelle : épaules remontées, mâchoire légèrement serrée, respiration courte.
J'avais posé l'hypothèse vendredi dernier que le dimanche soir sans écran améliorerait la qualité de ce réveil. Hier soir j'ai tenu — livre, rien d'autre, téléphone retourné face contre la table de nuit. Et pourtant ce matin reste identique. Il se peut que la variable ne soit pas l'écran lui-même mais ce que l'écran masque : l'anticipation du lundi, déjà active en arrière-plan bien avant minuit. À supposer que ce soit vrai, éteindre le téléphone ne change pas grand-chose si la pensée du lendemain tourne déjà dans la pièce.
L'expérience en cours depuis cinq jours, pour mémoire :
- hypothèse : supprimer le café après treize heures améliore l'endormissement et le réveil
- durée du test : dix jours, soit jusqu'au jeudi 13
- méthode de vérification : noter chaque matin le niveau de tension au réveil sur dix, et l'heure estimée d'endormissement
- ressenti à ce stade : trois matins légèrement mieux sur cinq, mais jeudi soir était mauvais — variable extérieure probable, une conversation difficile avec Thomas en fin d'après-midi qui a probablement faussé le signal
Ce que je ne démêle pas encore : est-ce que la caféine de l'après-midi me maintient éveillé, ou est-ce que je cherche la caféine précisément les après-midis où je suis déjà agité ? L'ordre de causalité reste flou, et je résiste à l'envie de décider trop tôt.
Ce soir, je vais observer à quelle heure exactement les épaules redescendent. Et si elles ne redescendent pas, je voudrais savoir ce que j'attends, précisément, pour les laisser descendre.
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