Ce matin, en ouvrant mon ordinateur, j'ai cliqué sur les notifications avant même d'avoir posé mon café. Le réflexe est arrivé avant la pensée. Corps : les épaules se sont légèrement montées, pas encore de tension, mais une anticipation — comme si quelque chose allait requérir une réponse. Pensée : il faut vérifier, au cas où. Humeur : neutre, peut-être légèrement crispée. Trois choses distinctes. Ça s'est passé en moins de deux secondes.
Je remarque que cette séquence s'inverse selon les jours. Parfois c'est l'humeur qui arrive en premier — une espèce d'impatience diffuse au réveil — et les notifications deviennent ensuite un prétexte pour la nourrir. D'autres fois, c'est la sensation corporelle qui précède tout : les yeux encore lourds, et alors je ne clique sur rien, je laisse passer. Il se peut que le corps règle en amont ce que je crois décider consciemment.
J'ai posé l'hypothèse suivante il y a cinq jours : si je n'ouvre aucun écran dans la première heure du matin, le niveau de dispersion dans l'après-midi diminue.
- Durée du test : deux semaines, j'en suis à cinq jours
- Méthode : noter, vers 15h, si l'attention tient ou se fragmente facilement
- Résultat partiel : trois matinées propres, deux où j'ai craqué dès 7h15. Les après-midi correspondants ne semblent pas radicalement différents — à supposer que mes notes soient honnêtes
La question que je ne tranche pas encore : est-ce que je cherche vraiment à moins me disperser, ou est-ce que l'expérience elle-même me donne l'impression de contrôler quelque chose que je ne contrôle pas vraiment ?
Je ne décide rien. J'observe encore neuf jours.
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