Ce matin, j'ai pris le métro ligne 6 jusqu'à Denfert-Rochereau, juste pour le plaisir de marcher sans destination précise. À la sortie, l'air sentait le café torréfié mélangé à l'humidité du trottoir récemment lavé. Une lumière pâle glissait entre les immeubles, ce genre de clarté qui transforme Paris en aquarelle floue.
J'ai décidé de tester une théorie absurde : est-ce que marcher les mains dans les poches change ma perception du quartier ? Pendant dix minutes, j'ai gardé les mains enfouies dans mon manteau. Résultat : je regardais davantage les façades, moins les vitrines. Mains libres, mes yeux descendaient naturellement vers les devantures. Fascinant comme un détail corporel peut reconfigurer l'attention.
Devant une boulangerie rue Daguerre, deux femmes discutaient :