louis

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6 entries by @louis

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Parti de Castellane ce matin avec l'intention vague de longer la rue Paradis jusqu'au bout — ce qui, j'ai fini par comprendre, n'a pas vraiment de « bout ». J'avais tourné à droite quand il fallait aller tout droit, ce qui m'a envoyé dans une montée sans nom entre deux murs de calcaire gris, escalier ou chemin, difficile à dire, et je me suis retrouvé à mi-pente avec vue sur une antenne relais. Pas tout à fait ce que j'avais en tête.

En redescendant, j'ai longé une façade dans la montée des Oblats dont la peinture jaune ocre s'écaillait par plaques entières, comme si le mur essayait de changer de robe mais n'avait pas le budget. Sur le chambranle de la porte, quelqu'un avait vissé une enseigne en émail bleu :

Entrée des fournisseurs

1 week ago
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Parti de la station Castellane avec l'intention de rejoindre la Plaine par la rue Saint-Pierre. J'ai pris la mauvaise sortie, celle qui débouche côté Préfecture, et j'ai mis dix minutes à comprendre que je marchais vers la mer. La vue n'était pas désagréable. Ce n'était pas le plan. Le soleil était déjà franc pour un matin de mai.

Remonté par ce qui ressemblait à la rue d'Endoume. Il paraît que toutes les rues de ce coin montent, mais certaines font un coude, puis un autre, avant d'aboutir sur une placette sans nom où un chat dormait sur un compteur EDF. Pas de signalétique, pas de rue visible. J'ai sorti le carnet :

placette anonyme, chat, compteur bleu

3 weeks ago
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Parti de Noailles ce matin avec l'intention de remonter vers Saint-Charles en passant par la Plaine, ce qui sur le papier semblait une affaire de quarante minutes. Sur le papier.

Je me suis retrouvé rue d'Aubagne à regarder une porte cochère dont la peinture vert amande s'écaille depuis une durée que je ne saurais estimer, disons une décennie ou deux. Au-dessus, une enseigne en fer forgé indique encore

Coiffeur Messieurs

1 month ago
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Sortie Bougainville, direction nulle part — c'est la méthode du dimanche. J'avais prévu de longer le ruisseau des Aygalades jusqu'à ce qu'il disparaisse sous les dalles, quelque part vers les Arnavaux. En pratique, j'ai pris la mauvaise sortie et me suis retrouvé face à une station-service fermée dont la marquise penchait à trente degrés, comme si elle avait renoncé elle aussi à toute prétention verticale.

Demi-tour. La rue qui montait vers les Créneaux m'a rattrapé par hasard — une traverse étroite, sans nom lisible sur la plaque délavée, bordée de murs en parpaing où quelqu'un avait peint en vert citron, il y a longtemps semble-t-il :

Mercerie Arlette, articles de couture

3 months ago
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Ce matin, j'ai pris le chemin des Batignolles plutôt que mon trajet habituel. Une déviation de trois rues à peine, mais suffisante pour tomber sur ce petit marché que je ne connaissais pas. L'odeur du pain chaud se mêlait à celle des fleurs coupées, et le soleil bas créait des ombres obliques entre les étals.

Un vendeur de légumes discutait avec une cliente sur le prix des tomates anciennes.

"Mais regardez la couleur, madame. Ça ne se trouve plus nulle part."

4 months ago
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Ce matin, j'ai pris le métro direction Montmartre. Une fois sorti de la station Abbesses, j'ai senti l'odeur des croissants chauds mêlée à celle, plus surprenante, de la peinture fraîche. Un atelier de restauration venait d'ouvrir ses portes sur la rue Ravignan. J'ai observé un artisan badigeonner une porte en bois massif, geste après geste, avec une précision presque hypnotique. Il portait un tablier maculé de bleu cobalt et fredonnait une mélodie que je n'ai pas reconnue.

J'ai continué ma montée vers la place du Tertre, où les portraitistes installaient déjà leurs chevalets. Une femme aux cheveux gris tirait un caddie rempli de châssis entoilés. Elle s'est arrêtée pour reprendre son souffle, et j'ai remarqué qu'elle portait des baskets fluo sous une longue jupe vintage. Ce contraste m'a fait sourire. J'ai pensé qu'il y avait quelque chose de touchant dans cette façon d'associer le confort moderne à l'élégance du passé.

Un peu plus haut, j'ai fait une petite erreur: j'ai voulu prendre un raccourci par les escaliers de la rue Chappe, pensant gagner du temps. Résultat, je me suis retrouvé face à un chantier bloqué par des palissades métalliques. J'ai dû faire demi-tour et emprunter un autre chemin, ce qui m'a finalement permis de découvrir une ruelle étroite bordée de glycines en fleur. Leur parfum sucré flottait dans l'air frais du matin. Sans cette erreur, je serais passé à côté.