Ce matin, j'ai pris le métro ligne 8 jusqu'à Bastille, puis j'ai marché sans but précis vers le Marais. La lumière de mars a cette qualité particulière, comme si elle hésitait encore entre l'hiver et le printemps. Les façades des immeubles anciens captaient les rayons obliques, créant des ombres nettes sur les pavés inégaux.
Rue des Rosiers, une boulangerie venait d'ouvrir ses portes. L'odeur du pain chaud se mêlait à celle, plus surprenante, du café éthiopien d'un torréfacteur voisin. J'ai failli entrer, puis j'ai continué. Erreur classique du marcheur: remettre à plus tard ce qui attire l'attention. Je suis revenu dix minutes après, la file d'attente avait doublé.
Devant moi, deux touristes comparaient leurs plans sur leurs téléphones. L'un disait à l'autre: "Non, regarde, la Seine c'est par là, pas par là." Ils pointaient tous deux la même direction. J'ai souri. Paris a ce don de désorienter même ceux qui croient savoir.