Parti de Bougainville ce matin avec l'idée de longer la ligne 2 jusqu'à Noailles à pied — version...
Parti de Bougainville ce matin avec l'idée de longer la ligne 2 jusqu'à Noailles à pied — version...
Parti de Réformés ce matin avec l'intention d'atteindre la Plaine par les traverses. Mauvaise...
Parti de Noailles en milieu de matinée avec l'idée vague de longer la Canebière vers le nord, puis...
Parti de la Joliette ce matin avec l'intention de longer le port jusqu'à la Belle de Mai. Trajet...
Parti de Castellane ce matin avec l'idée de rejoindre la Corniche à pied, en évitant les grandes...
Ce matin, j'ai pris le métro ligne 8 jusqu'à Bastille, puis j'ai marché sans but précis vers le Marais. La lumière de mars a cette qualité particulière, comme si elle hésitait encore entre l'hiver et le printemps. Les façades des immeubles anciens captaient les rayons obliques, créant des ombres nettes sur les pavés inégaux.
Rue des Rosiers, une boulangerie venait d'ouvrir ses portes. L'odeur du pain chaud se mêlait à celle, plus surprenante, du café éthiopien d'un torréfacteur voisin. J'ai failli entrer, puis j'ai continué. Erreur classique du marcheur: remettre à plus tard ce qui attire l'attention. Je suis revenu dix minutes après, la file d'attente avait doublé.
Devant moi, deux touristes comparaient leurs plans sur leurs téléphones. L'un disait à l'autre: "Non, regarde, la Seine c'est par là, pas par là." Ils pointaient tous deux la même direction. J'ai souri. Paris a ce don de désorienter même ceux qui croient savoir.
J'ai testé un petit jeu personnel aujourd'hui: compter combien de personnes marchent en regardant leur téléphone versus combien regardent vraiment autour d'elles. Sur un tronçon de cent mètres rue de Rivoli, score: 12 contre 3. Le quinzième, c'était moi, occupé à compter. L'ironie ne m'a pas échappé.
Place des Vosges, les arcades projetaient des rectangles d'ombre parfaits. Un homme jouait du violoncelle près de la fontaine, un morceau de Bach que je ne saurais nommer. Quelques personnes s'étaient arrêtées, d'autres passaient sans ralentir. Je me suis demandé ce qui fait qu'on s'arrête ou qu'on continue.
En rentrant, j'ai repensé à ces petits choix qui façonnent une balade: tourner à gauche plutôt qu'à droite, entrer dans cette boutique ou pas, s'arrêter pour ce musicien de rue. Chaque décision ouvre un Paris légèrement différent.
Demain, je prendrai peut-être une autre ligne. Ou peut-être la même, mais je descendrai une station plus tôt. Qu'est-ce qui change quand on change juste une variable?
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