Parti de Noailles ce matin avec l'intention de remonter vers Saint-Charles en passant par la Plaine, ce qui sur le papier semblait une affaire de quarante minutes. Sur le papier.
Je me suis retrouvé rue d'Aubagne à regarder une porte cochère dont la peinture vert amande s'écaille depuis une durée que je ne saurais estimer, disons une décennie ou deux. Au-dessus, une enseigne en fer forgé indique encore Coiffeur Messieurs en lettres dont la moitié ont cédé au temps. Il reste C iff ur Me sie rs. C'est suffisant pour comprendre, et pour s'arrêter.
À la Plaine, j'ai pris la mauvaise sortie — ou plutôt la bonne sortie dans le mauvais sens — et je me suis retrouvé côté nord à chercher le marché qui se tenait côté sud. Il y avait effectivement des traces de marché : quelques cagettes abandonnées, une odeur de coriandre encore accrochée au sol en béton. Le tout fermé depuis une heure.
Un peu plus haut, dans la montée des Accoules, un escalier que j'avais noté sur mon carnet "à explorer" depuis des mois ne mène, j'ai pu le vérifier aujourd'hui, qu'à une porte close et un bac à fleurs vide. Bonne info. Je raye.
Je me suis accordé un café serré au comptoir d'un bar dont je ne retiendrai pas le nom, quelque part entre la rue Consolat et la place Carli. La tasse était chaude, le café trop corsé, le patron occupé avec quelqu'un à propos d'un match qui s'était mal fini. J'ai payé et je suis sorti sans qu'on me remarque vraiment, ce qui me convenait.
Rentré par le tram, les mollets d'accord, le carnet avec trois lignes et un schéma illisible.
#flânerie #carnetdebalade #marseille #marche