Ce matin, le bruit de la pluie sur les vitres m'a réveillée avant l'aube. Un son régulier, presque musical, comme si quelqu'un tapait doucement à la porte de mes rêves. J'ai ouvert les yeux dans la pénombre et j'ai écouté. Il y avait quelque chose d'apaisant dans cette insistance, comme si le monde extérieur me rappelait qu'il existait encore, qu'il continuait sans moi.
Je me suis levée pour faire du café. En attendant que l'eau chauffe, j'ai relu quelques pages du manuscrit que j'ai abandonné il y a deux mois. Les phrases me semblaient étrangères, écrites par quelqu'un d'autre. Qui était cette personne qui croyait pouvoir terminer cette histoire? J'ai souri malgré moi.
Au café, une femme assise près de la fenêtre lisait à voix basse pour son enfant. "Et le petit prince répondit: On ne voit bien qu'avec le cœur..." La voix était douce, presque un murmure. L'enfant la regardait avec des yeux immenses, comme si elle venait de révéler un secret important. J'ai détourné le regard, gênée d'avoir écouté un moment qui ne m'appartenait pas.
En rentrant, j'ai décidé de réécrire la fin. Pas tout—juste la dernière page. J'ai changé une seule chose: au lieu de partir, mon personnage reste. Il s'assoit à la table de la cuisine et il attend. Je ne sais pas encore ce qu'il attend, mais c'est suffisant pour aujourd'hui.
La pluie continue. Je ferme les yeux et j'écoute. Peut-être que c'est ça, écrire: apprendre à attendre sans savoir ce qui viendra.
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