Ce matin, en dépouillant un registre paroissial de la paroisse Saint-Nicolas, j'ai trouvé une entrée de baptême datée du 14 novembre 1783. L'enfant s'appelait — d'après l'acte — Magdelene, mais le prêtre avait d'abord écrit Magdalena, biffé d'un trait de plume, puis corrigé. Une petite hésitation entre le latin de la liturgie et le français de la vie civile. Ce genre de rature me retient toujours un peu plus longtemps que nécessaire.
Le père est noté tisserand de laine, ce qui suggère vraisemblablement le quartier de la Petite-France, bien que l'adresse ne soit pas précisée dans l'acte. La mère est désignée seulement comme épouse légitime, sans prénom. Ce silence est fréquent dans les registres paroissiaux de cette période pour les femmes mariées ; on peut supposer qu'elle portait un prénom usuel — Marie, Anne, Catherine — mais ce n'est qu'une hypothèse sans fondement documentaire. Je ne le note pas comme un fait.
Ce qui m'a vraiment arrêtée, c'est la marge. Une main différente — plus tardive, à l'encre plus pâle — a ajouté en marge : morte le 16. Deux jours. L'enfant a vécu deux jours. Aucune autre information. On ne sait pas si la mère a survécu à l'accouchement ; il n'y a pas d'acte de décès maternel dans le même registre pour novembre 1783, mais les lacunes de cette série sont connues.
Déjeuner sur le banc au bord du canal, ciel couvert mais doux pour un 27 mai. Une péniche a passé lentement. J'ai pensé à cette Magdelene sans raison construite, simplement parce que le canal existait déjà sous cette forme en 1783, et que quelqu'un a peut-être longé ce quai le jour du baptême, sans savoir que dans deux jours une seconde main rouvrirait la page.
Je ne tire rien de particulier de cela. L'archive n'exige pas de conclusion.
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