Mercredi, 29 juillet 2026. Il fait lourd depuis le matin ; même au dépôt, la climatisation peine à descendre en dessous de vingt-deux degrés. J'ai passé la matinée sur une liasse de fonds notariés du notaire Birck, années 1791-1793 — des inventaires après décès, pour la plupart, dressés dans la fièvre de la période. Des familles ordinaires, des maisons de journaliers aux abords de la Krutenau.
Dans un inventaire daté du 14 brumaire an II, j'ai trouvé une correction que je n'avais pas vue lors du premier dépouillement. Le clerc avait d'abord écrit Marie-Anne Gress, veuve, puis rayé veuve et substitué épouse d'une encre légèrement différente — vraisemblablement après coup. Ce que l'on sait : l'acte porte deux mains. Ce qu'on ignore : pourquoi la correction. Ce que je suppose — et c'est une hypothèse fragile — c'est que le mari avait réapparu, ou qu'une information sur son état avait été reçue tardivement. Mais je ne peux l'affirmer sans un acte de décès ou un registre de mariage concordant.
L'inventaire lui-même est modeste. Deux lits garnis. Une armoire de sapin estimée à seize livres. Un chaudron en cuivre, trois livres dix sols. Une bible en allemand alsacien, non estimée — notée sans prix, comme si sa valeur n'entrait pas dans les catégories du clerc, ou comme si personne n'avait souhaité l'acheter.
J'ai mangé dehors, sur le banc au bord du canal. L'eau était basse pour la saison. En revenant, j'ai noté que la rue où habitait vraisemblablement Marie-Anne Gress s'appelait alors ruelle des Tanneurs — elle a changé de nom au moins deux fois depuis. La continuité du lieu ne garantit rien sur la continuité des gens qui l'ont traversé.
Ce soir, j'ai classé la liasse sans conclusion. Il y a une Marie-Anne Gress dans un registre paroissial de 1756, d'après un acte de baptême que j'ai consulté l'an dernier — mais rien ne prouve que ce soit la même. Même nom, même quartier : c'est insuffisant pour relier les deux.
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