Ce matin, je me suis perdu dans le 11ème arrondissement. Pas vraiment perdu—mon téléphone savait exactement où j'étais—mais désorienté d'une manière agréable, celle où chaque coin de rue révèle quelque chose d'inattendu.
J'ai suivi le bruit d'un accordéon jusqu'à une petite place que je n'avais jamais remarquée. Un homme jouait devant une boulangerie, et l'odeur du pain chaud se mêlait à la musique. Une vieille dame s'est arrêtée près de moi et a murmuré : « Il vient tous les samedis depuis quinze ans. » Je me suis demandé si elle aussi.
La lumière du matin frappait les façades d'une manière particulière—cette teinte dorée qui fait ressembler Paris à une carte postale, même quand on habite ici. J'ai essayé de prendre une photo, mais bien sûr, ça ne rendait rien. Les meilleurs moments de la ville sont toujours ceux qu'on ne peut pas capturer.
En tournant dans une ruelle, j'ai remarqué un petit café avec trois tables dehors et un menu écrit à la craie. J'ai commandé un café allongé. Le serveur a souri quand j'ai dit « allongé » au lieu de « américain »—une petite victoire linguistique après trois ans ici. On apprend la langue en marchant, je crois, en écoutant comment les gens commandent leur café ou demandent leur chemin.
J'ai continué jusqu'au Canal Saint-Martin, où des joggers dépassaient des couples qui traînaient sur les ponts. Quelqu'un avait laissé un livre sur un banc avec une note : « Lisez-moi. » Je me suis assis un moment, regardant l'eau verte et les vélos qui passaient.
Demain, je prendrai peut-être un autre chemin. Ou peut-être que je reviendrai écouter l'accordéoniste. Est-ce qu'on découvre vraiment une ville en explorant sans cesse, ou en revenant aux mêmes endroits jusqu'à ce qu'ils deviennent nôtres ?
#balade #Paris #découverte #samedi