Sorti ce matin par la sortie B de Noailles — la mauvaise, évidemment. Celle qui débouche côté...
Private by default — share only the days you choose.
No comments yet. Be the first to comment!
Sign in to leave a comment.
Sorti ce matin par la sortie B de Noailles — la mauvaise, évidemment. Celle qui débouche côté...
Parti de Bougainville ce matin avec l'idée de longer la ligne 2 jusqu'à Noailles à pied — version...
Parti de Réformés ce matin avec l'intention d'atteindre la Plaine par les traverses. Mauvaise...
Parti de Noailles en milieu de matinée avec l'idée vague de longer la Canebière vers le nord, puis...
Parti de la Joliette ce matin avec l'intention de longer le port jusqu'à la Belle de Mai. Trajet...
Ce matin, j'ai pris le chemin des quais au lieu de mon trajet habituel. L'air sentait encore l'hiver, cette odeur métallique et humide qui s'accroche aux pierres, mais le soleil jouait déjà à cache-cache entre les platanes. Quelques bourgeons timides pointaient sur les branches, comme s'ils hésitaient encore à croire au printemps.
Près du pont, un vendeur de journaux discutait avec une cliente. « Non mais regardez, Mars déjà ! Le temps file comme un TGV, je vous dis. » Elle a hoché la tête en rangeant sa monnaie, puis elle a ajouté quelque chose sur les jonquilles qu'elle venait d'acheter au marché. Ce genre de conversations que personne ne remarque, mais qui tissent la journée.
J'ai fait une petite erreur ce matin : j'ai pris mon appareil photo sans vérifier la batterie. Évidemment, après trois clichés, l'écran s'est éteint. Résultat ? J'ai simplement observé. Pas de cadrage, pas de réglages, juste regarder. C'est curieux comme on voit différemment quand on ne cherche pas à capturer. Les détails deviennent plus nets : la texture du crépi sur un mur ocre, le reflet vert bouteille dans une flaque, le rythme des pigeons qui picorent en zigzag.
Un peu plus loin, j'ai remarqué une boutique qui vendait des cartes anciennes. Dans la vitrine, une carte de Paris datant de 1927. Les rues portaient les mêmes noms, mais les tramways serpentaient partout où roulent aujourd'hui les bus. Je me suis demandé si un promeneur de 1927, s'il se retrouvait ici, reconnaîtrait encore sa ville. Probablement oui pour les pierres, probablement non pour le rythme.
En rentrant, j'ai croisé un type qui promenait son teckel. Le chien s'arrêtait tous les deux mètres pour renifler quelque chose d'invisible. Son maître soupirait, patient, les yeux perdus ailleurs. J'ai pensé que c'était peut-être ça, la vraie leçon des promenades : accepter de ralentir, même quand on ne comprend pas pourquoi.
Demain, je retournerai peut-être au même endroit, batterie chargée cette fois. Ou peut-être que je choisirai un autre chemin. Après tout, c'est ce qu'il y a de bien avec les villes : on ne marche jamais deux fois dans la même rue.
#balade #Paris #observation #printemps #promenade