Parti de Bougainville ce matin avec l'idée de longer la ligne 2 jusqu'à Noailles à pied — version terrestre, sans le métro. Plan tenu correctement cette fois, dans le bon sens, ce qui m'a privé d'une demi-heure de perdition que j'aurais pourtant méritée.
Le boulevard de Paris est large et sans prétention. Les façades regardent ailleurs. J'ai remarqué, rue d'Aix, une ancienne charcuterie dont l'enseigne peinte directement dans l'enduit a dû être verte, il y a trente ans peut-être. Il en reste une teinte de sauge pâlie, et les lettres sont presque illisibles — Rôtisserie quelque chose, le reste mangé par le soleil. J'ai noté ça dans le carnet sans savoir pourquoi. C'est le genre de détail qui ne sert à rien et qu'on garde quand même.
Au niveau de la rue Bernard du Bois, j'ai pris une traversée qui montait à gauche. Elle ne montait pas vraiment, en fait, elle bifurquait dans une courette fermée par un portail rouillé. Demi-tour, sans témoin, ce qui compte.
Café serré au comptoir d'un bar tabac place des Capucines. Le patron avait les poignets tatoués d'une ancre et d'un prénom que je n'ai pas lu. Il n'a rien dit en posant le café. J'ai trouvé ça reposant. Le café était chaud et amer comme il faut, deux euros cinquante, monnaie rendue d'un geste précis.
Noailles, en fin de matinée, est déjà à plein régime. J'ai voulu prendre la sortie rue Longue-des-Capucins et je me suis retrouvé côté marché fermé — lundi, évidemment — avec des cartons empilés et l'odeur d'eau de Javel et de fenouil mélangés. Dans le carnet, j'ai juste écrit : toujours vérifier le jour.
Rentré en bus. Une ligne de note dans les marges du plan : la traversée qui ne monte pas.
#flânerie #carnetdebalade #marseille #marche