Sorti ce matin par la sortie B de Noailles — la mauvaise, évidemment. Celle qui débouche côté...
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Sorti ce matin par la sortie B de Noailles — la mauvaise, évidemment. Celle qui débouche côté...
Parti de Bougainville ce matin avec l'idée de longer la ligne 2 jusqu'à Noailles à pied — version...
Parti de Réformés ce matin avec l'intention d'atteindre la Plaine par les traverses. Mauvaise...
Parti de Noailles en milieu de matinée avec l'idée vague de longer la Canebière vers le nord, puis...
Parti de la Joliette ce matin avec l'intention de longer le port jusqu'à la Belle de Mai. Trajet...
Mercredi. Ligne 68 jusqu'à La Blancarde, sortie nord — ce qui était déjà une erreur puisque tout ce que je voulais voir se trouvait côté sud. Vingt minutes à longer un mur de béton qui n'a rien à raconter. J'ai tout de même noté, par acquit de conscience : mur de béton, rien à signaler. Il faut bien remplir le carnet.
Une fois redressé, j'ai suivi la montée Saint-Charles à rebours — pas la grande avec ses escaliers et ses pigeons, l'autre, celle sans nom lisible sur les plans, qui tord entre des maisons aux volets mi-clos à onze heures du matin. Sur un angle, une enseigne en Plexiglas jauni annonce encore « Coiffure Éric » malgré la vitrine vide et le courrier qui déborde de la boîte aux lettres. Il paraît qu'Éric est parti depuis 2019. La plaque, elle, ne part pas.
Au bout de la traversée, un café sans nom apparent — juste « BAR » en lettres rouges sur un store délavé couleur de sable mouillé. J'ai commandé un café serré au comptoir. Le patron a posé la tasse sans lever les yeux du journal sportif ouvert à la page des transferts. Le café était légèrement amer et presque froid, exactement comme il se doit dans ce genre d'endroit.
La rue descendait ensuite vers le cours Julien par des escaliers inégaux où quelqu'un a planté des pots de basilic sur chaque palier. L'intention est belle. L'exécution, un peu fragile. J'ai failli faire tomber le quatrième en cherchant mon crayon dans la poche de ma veste.
Arrivé cours Julien, j'ai cru voir un marché de producteurs. C'était la fin d'un marché — les cartons qu'on replie, une odeur de légumes tièdes dans la chaleur de juin. La femme qui rangeait ses cageots m'a regardé avec une patience tranquille. C'est fini pour aujourd'hui. J'avais compris.
J'ai noté tout ça dans le bus du retour, le carnet posé sur le genou, tenu à deux mains parce que le 60 prend les virages sans prévenir.
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