Ce matin, en traversant le marché, j'ai remarqué la lumière particulière qui tombait sur les étals de légumes. Une lumière dorée, presque brumeuse, qui me rappelait ces tableaux hollandais du XVIIe siècle. Les carottes, les poireaux, les choux disposés avec soin – chaque vendeur compose sans le savoir une nature morte digne de Pieter Claesz.
Cette observation m'a ramenée à un passage que je lisais hier soir sur les guildes de marchands à Amsterdam. Ces corporations qui contrôlaient le commerce des épices, du textile, des tulipes même. On oublie souvent que derrière l'âge d'or néerlandais, il y avait cette organisation minutieuse, presque bureaucratique, du commerce. Les peintres ne représentaient pas simplement des fruits et des fleurs – ils documentaient la prospérité, la stabilité, l'ordre social.
J'ai acheté des pommes à une vendeuse qui m'a dit : «