Ce matin, en ouvrant la fenêtre de mon bureau, j'ai été frappée par la lumière particulière de mars — cette clarté fragile qui hésite entre l'hiver et le printemps. Les ombres s'allongeaient encore sur le trottoir mouillé, et j'ai pensé à ces instants où l'histoire elle-même semble suspendue entre deux époques.
J'ai relu ce matin quelques pages sur les Ides de Mars, cette date fatidique du calendrier romain. Le 15 mars 44 avant notre ère, Jules César tombait sous les coups de Brutus et de ses complices. Ce qui me fascine, ce n'est pas tant l'acte lui-même que le moment qui a précédé — cette hésitation de César devant le Sénat, les avertissements qu'il avait reçus, cette phrase qu'aurait prononcée le devin Spurinna :
« Les Ides de Mars sont arrivées. — Oui, mais elles ne sont pas passées. »