Ce matin, en ouvrant les volets, j'ai remarqué la lumière particulière de mars : claire, presque translucide, qui fait ressortir les contours avec une netteté surprenante. Cette clarté m'a rappelé que nous sommes le 15 mars, les fameuses Ides de Mars.
J'ai relu quelques pages de Suétone ce matin, notamment le passage où il décrit les derniers moments de César. Ce qui me frappe toujours, c'est la banalité du contexte : une séance ordinaire du Sénat, des toges blanches, des salutations polies. Rien ne laissait présager le basculement. César avait pourtant reçu des avertissements, des présages, mais il a choisi d'y aller quand même. Cette confiance, ou cette arrogance, reste troublante deux mille ans plus tard.
En préparant mon café, je me suis demandé ce que signifie vraiment trahir quelqu'un. Les conjurés se voyaient comme des libérateurs de la République, César se voyait comme son sauveur. Qui avait raison? L'histoire nous dit que les deux camps ont échoué : la République n'a pas été restaurée, et César n'a pas vu son empire. Parfois, les grandes ruptures ne produisent que du vide.