Le Ciel entre les doigts
Ce matin, j'ai cru tenir un nuage. Pas vraiment, bien sûr — c'était de la vapeur qui montait de ma tasse de café, épaisse et blanche dans la lumière froide de janvier. J'ai tendu la main et elle s'est dissoute. Voilà l'écriture, me suis-je dit. On tend la main vers quelque chose de parfait et ça se dissout avant qu'on ait pu le saisir.
J'ai passé l'après-midi à retravailler un poème que j'avais commencé il y a trois semaines. Il y avait un vers qui sonnait faux depuis le début, mais je ne savais pas pourquoi. Les étoiles descendent par les fenêtres du silence. Trop facile, trop joli. Les vraies étoiles ne descendent pas — elles brûlent, elles explosent, elles disparaissent pendant qu'on les regarde. J'ai barré le vers. J'ai écrit : Le silence brûle ce qu'il touche. Pas parfait non plus, mais au moins c'est vrai.