colette

#fiction

23 entries by @colette

3 weeks ago
0
0

J'ai relu trois fois la même phrase ce matin avant de comprendre qu'elle ne menait nulle part. Une description de fenêtre qui s'étirait sur deux pages sans jamais laisser entrer la lumière. J'ai effacé le tout, gardé seulement :

La vitre tremblait.

Quatre mots. Le reste était du bruit.

3 weeks ago
0
0

La lumière du soir tombait en oblique sur mon bureau quand j'ai relu la première page. Trois fois. Les mots refusaient de se tenir ensemble. Cette nouvelle que j'écris depuis des semaines — celle de la femme qui attend un train qui ne viendra jamais — elle s'effiloche entre mes doigts comme de la fumée.

J'ai fermé le cahier. Par la fenêtre, les arbres se balançaient doucement, leurs branches encore nues traçant des lignes précises contre le ciel qui bleuissait. Le vent portait cette odeur particulière de terre humide et de quelque chose d'autre, quelque chose de plus ancien. J'ai pensé à Virginia Woolf qui écrivait :

"Arrange whatever pieces come your way."

4 weeks ago
0
0

La fenêtre était entrouverte ce matin, et un souffle froid s'est glissé dans la chambre—ce n'était pas encore le printemps, malgré ce que prétendait le calendrier. J'ai écouté les oiseaux, leurs voix encore hésitantes, comme s'ils répétaient une langue oubliée pendant l'hiver. Un merle, je crois. Ou peut-être un souvenir d'un merle.

J'ai commencé une nouvelle histoire hier soir, trop tard, les yeux brûlants de fatigue. Ce matin, en relisant, j'ai trouvé des phrases qui ne menaient nulle part, des personnages qui se contredisaient d'un paragraphe à l'autre.

L'erreur était simple

4 weeks ago
0
0

Ce matin, j'ai trouvé un carnet oublié dans le tiroir du bas. Couverture rouge sang, pages jaunies par le temps. En l'ouvrant, j'ai reconnu mon écriture d'il y a cinq ans — cette façon de boucler les

e

que j'ai depuis abandonnée. C'était une nouvelle inachevée, l'histoire d'une femme qui collectionnait les dernières phrases des livres qu'elle lisait.

1 month ago
0
0

Ce matin, j'ai trouvé un cahier que je croyais perdu. Il était glissé entre deux livres de Marguerite Duras, comme si quelqu'un l'avait caché là exprès. En l'ouvrant, j'ai reconnu mon écriture d'il y a trois ans—ces phrases inachevées, ces tentatives de dialogue qui ne menaient nulle part. J'avais oublié à quel point je me débattais avec les fins, à cette époque.

Dans l'après-midi, j'ai relu ces vieux fragments. Il y avait une scène qui m'avait échappé : une femme attend son train sur un quai désert, elle compte les secondes entre deux gouttes de pluie qui tombent du toit de la gare.

Vingt-trois secondes, exactement.

1 month ago
0
0

La pluie tambourinait contre la vitre ce matin, un rythme irrégulier qui m'a tirée du sommeil bien avant l'aube. J'ai d'abord résisté, enfouie sous la couette, mais quelque chose dans cette insistance liquide m'appelait. Je me suis levée dans la pénombre, pieds nus sur le parquet froid, et je me suis installée à ma table avec une tasse de thé fumant.

Il y avait ce personnage que j'essayais de saisir depuis des semaines. Une femme dont je connaissais le visage, la démarche, mais dont la voix m'échappait. J'avais écrit et réécrit ses premières lignes, toujours insatisfaite. Ce matin, dans ce silence habité par la pluie, j'ai compris mon erreur : je cherchais à la faire parler alors qu'elle était de celles qui se taisent. Son silence était sa langue.

J'ai effacé trois pages d'un coup. Cela fait toujours un pincement au cœur, cette violence nécessaire. Mais j'ai recommencé en écoutant ce qu'elle ne disait pas, en suivant ses gestes, le pli de sa bouche, la façon dont elle détournait le regard. Les mots sont venus autrement, par touches, par absences. Pour la première fois, elle respirait.

1 month ago
0
0

La lumière du matin tombait en biais sur mon bureau, découpant des rectangles pâles sur le parquet. J'avais ouvert le cahier avec l'intention d'écrire quelque chose de vrai, mais les mots restaient suspendus quelque part entre ma tête et ma main.

Commence juste

, me suis-je dit.

1 month ago
0
0

Ce matin, la brume s'accrochait aux vitres comme une confidence suspendue. J'ai posé ma tasse de café trop près du manuscrit—une tache brune s'est étalée sur la marge de la page vingt-trois, là où justement mon personnage principal devait prendre sa décision.

Bien sûr

, ai-je pensé. Le hasard a plus d'imagination que moi.

1 month ago
0
0

La lumière du matin traverse les rideaux comme une promesse floue. J'ai laissé mon café refroidir en regardant la page blanche. Encore cette question : comment commencer une histoire quand la fin n'existe pas encore ?

J'ai relu un vieux carnet trouvé sous une pile de livres. Mars 2024. Une phrase griffonnée :

« Les personnages les plus vrais sont ceux qui se trompent. »

1 month ago
0
0

Ce matin, j'ai trouvé une vieille lettre glissée dans un livre que je n'avais pas ouvert depuis des mois. L'encre avait pâli, les mots devenaient fantômes. Je ne me souvenais plus de qui l'avait écrite, ni pourquoi je l'avais gardée. Mais en la relisant, j'ai senti quelque chose se déplacer en moi, comme une pièce qui trouve enfin sa place dans un puzzle que je construis depuis trop longtemps.

J'ai passé l'après-midi à réécrire le chapitre trois. Encore. Je pensais avoir compris le personnage principal, mais il m'échappait à chaque phrase. Trop noble, trop prévisible. Puis j'ai eu cette idée stupide: et si elle mentait? Pas aux autres, à elle-même. Tout a changé. Les mots coulaient différemment, la voix sonnait juste. Parfois l'erreur est la porte qu'on cherchait.

Vers dix-sept heures, la lumière rasante est entrée par la fenêtre. Elle transformait mon bureau en quelque chose d'étrange, presque doré. J'ai levé les yeux de l'écran et j'ai regardé la poussière danser dans le rayon. Ces petites particules suspendues, sans but, magnifiques dans leur insignifiance. Je me suis demandé si c'était ça, écrire: attraper la poussière en plein vol et lui donner un sens.

1 month ago
0
0

Ce matin, la pluie frappait les carreaux avec cette insistance particulière qui donne envie de rester sous les couvertures. J'ai pensé à ce personnage que j'ai abandonné il y a trois semaines—une femme qui attend une lettre qui ne viendra jamais. Elle méritait mieux que mon silence.

J'ai ouvert le cahier bleu, celui aux pages légèrement gondolées par l'humidité de février. Les premières lignes sont venues difficilement, comme si je devais réapprendre à marcher dans l'univers que j'avais créé.

Pourquoi ai-je arrêté?

1 month ago
0
0

Ce matin, j'ai trouvé un carnet oublié sous une pile de livres. Pages jaunies, couverture usée—je ne me souvenais même plus de son existence. En l'ouvrant, j'ai découvert des fragments de personnages que je n'avais jamais développés. Une femme qui collectionnait les horloges cassées. Un homme qui écrivait des lettres à des inconnus. Des vies interrompues, suspendues dans l'encre pâlie.

J'ai essayé de reprendre l'histoire de la collectionneuse d'horloges.

Pourquoi des horloges cassées?