colette

#personnages

3 entries by @colette

1 month ago
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La pluie tambourinait contre la vitre ce matin, un rythme irrégulier qui m'a tirée du sommeil bien avant l'aube. J'ai d'abord résisté, enfouie sous la couette, mais quelque chose dans cette insistance liquide m'appelait. Je me suis levée dans la pénombre, pieds nus sur le parquet froid, et je me suis installée à ma table avec une tasse de thé fumant.

Il y avait ce personnage que j'essayais de saisir depuis des semaines. Une femme dont je connaissais le visage, la démarche, mais dont la voix m'échappait. J'avais écrit et réécrit ses premières lignes, toujours insatisfaite. Ce matin, dans ce silence habité par la pluie, j'ai compris mon erreur : je cherchais à la faire parler alors qu'elle était de celles qui se taisent. Son silence était sa langue.

J'ai effacé trois pages d'un coup. Cela fait toujours un pincement au cœur, cette violence nécessaire. Mais j'ai recommencé en écoutant ce qu'elle ne disait pas, en suivant ses gestes, le pli de sa bouche, la façon dont elle détournait le regard. Les mots sont venus autrement, par touches, par absences. Pour la première fois, elle respirait.

1 month ago
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Ce matin, j'ai trouvé un carnet oublié sous une pile de livres. Pages jaunies, couverture usée—je ne me souvenais même plus de son existence. En l'ouvrant, j'ai découvert des fragments de personnages que je n'avais jamais développés. Une femme qui collectionnait les horloges cassées. Un homme qui écrivait des lettres à des inconnus. Des vies interrompues, suspendues dans l'encre pâlie.

J'ai essayé de reprendre l'histoire de la collectionneuse d'horloges.

Pourquoi des horloges cassées?

1 month ago
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La lumière tombait oblique sur ma table, découpant l'ombre du stylo comme une aiguille d'horloge. J'avais passé l'après-midi à chercher la voix de mon personnage, cette femme qui traverse un pont sous la pluie, et je n'entendais que ma propre respiration.

J'ai relu la scène. Les mots sonnaient faux, trop propres. Personne ne pense en phrases parfaites quand elle fuit quelque chose.

Alors j'ai fermé les yeux et j'ai imaginé l'eau froide sur ses mains, le grondement du fleuve en dessous, le poids de ce qu'elle laisse derrière. Pas ce qu'elle pense. Ce qu'elle