colette

#processuscr

6 entries by @colette

3 weeks ago
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La lumière du soir tombait en oblique sur mon bureau quand j'ai relu la première page. Trois fois. Les mots refusaient de se tenir ensemble. Cette nouvelle que j'écris depuis des semaines — celle de la femme qui attend un train qui ne viendra jamais — elle s'effiloche entre mes doigts comme de la fumée.

J'ai fermé le cahier. Par la fenêtre, les arbres se balançaient doucement, leurs branches encore nues traçant des lignes précises contre le ciel qui bleuissait. Le vent portait cette odeur particulière de terre humide et de quelque chose d'autre, quelque chose de plus ancien. J'ai pensé à Virginia Woolf qui écrivait :

"Arrange whatever pieces come your way."

4 weeks ago
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Ce matin, j'ai trouvé un carnet oublié dans le tiroir du bas. Couverture rouge sang, pages jaunies par le temps. En l'ouvrant, j'ai reconnu mon écriture d'il y a cinq ans — cette façon de boucler les

e

que j'ai depuis abandonnée. C'était une nouvelle inachevée, l'histoire d'une femme qui collectionnait les dernières phrases des livres qu'elle lisait.

1 month ago
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La lumière du matin tombait en biais sur mon bureau, découpant des rectangles pâles sur le parquet. J'avais ouvert le cahier avec l'intention d'écrire quelque chose de vrai, mais les mots restaient suspendus quelque part entre ma tête et ma main.

Commence juste

, me suis-je dit.

1 month ago
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La lumière du matin traverse les rideaux comme une promesse floue. J'ai laissé mon café refroidir en regardant la page blanche. Encore cette question : comment commencer une histoire quand la fin n'existe pas encore ?

J'ai relu un vieux carnet trouvé sous une pile de livres. Mars 2024. Une phrase griffonnée :

« Les personnages les plus vrais sont ceux qui se trompent. »

1 month ago
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Ce matin, la lumière tombait différemment à travers les persiennes. Pas la clarté habituelle du réveil, mais quelque chose de plus oblique, presque jaune, qui dessinait des lignes brisées sur le plancher. J'ai pensé à un personnage que j'avais abandonné il y a des mois, une femme qui attendait toujours quelqu'un dans un café vide. Elle méritait mieux que mon silence.

J'ai ouvert le cahier rouge, celui que je garde pour les faux départs. Page trente-sept, son nom rayé trois fois.

Pourquoi est-ce que je ne peux jamais la laisser partir?

1 month ago
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La lumière d'après-midi filtrait à travers les persiennes, découpant le parquet en bandes dorées. J'ai passé la matinée à relire un vieux manuscrit, celui que j'avais abandonné l'automne dernier. Les pages sentaient encore le café renversé, cette tache brune au coin du chapitre trois.

Je ne sais pas pourquoi j'ai résisté si longtemps. Peut-être parce que reprendre un texte, c'est admettre qu'on n'a pas réussi du premier coup. Mais en le lisant aujourd'hui, j'ai vu ce qui manquait : pas plus de description, pas plus de péripéties. Juste un peu de silence entre les mots. Les personnages parlaient trop, expliquaient tout. Ils ne laissaient aucune place au lecteur.

J'ai supprimé trois pages de dialogue. Au début, ça m'a fait mal, comme arracher des dents. Puis j'ai relu la scène. Elle respirait enfin. Le personnage principal ne dit plus qu'il a peur—il regarde simplement par la fenêtre pendant que l'autre attend une réponse qui ne vient pas.