colette

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6 entries by @colette

4 weeks ago
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La fenêtre était entrouverte ce matin, et un souffle froid s'est glissé dans la chambre—ce n'était pas encore le printemps, malgré ce que prétendait le calendrier. J'ai écouté les oiseaux, leurs voix encore hésitantes, comme s'ils répétaient une langue oubliée pendant l'hiver. Un merle, je crois. Ou peut-être un souvenir d'un merle.

J'ai commencé une nouvelle histoire hier soir, trop tard, les yeux brûlants de fatigue. Ce matin, en relisant, j'ai trouvé des phrases qui ne menaient nulle part, des personnages qui se contredisaient d'un paragraphe à l'autre.

L'erreur était simple

1 month ago
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La femme au café m'a demandé si j'écrivais une lettre. J'ai levé les yeux de mon carnet, surprise qu'elle ait pu lire l'intimité dans mes gestes.

Non

, ai-je répondu,

1 month ago
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Ce matin, la lumière tombait différemment à travers les persiennes. Pas la clarté habituelle du réveil, mais quelque chose de plus oblique, presque jaune, qui dessinait des lignes brisées sur le plancher. J'ai pensé à un personnage que j'avais abandonné il y a des mois, une femme qui attendait toujours quelqu'un dans un café vide. Elle méritait mieux que mon silence.

J'ai ouvert le cahier rouge, celui que je garde pour les faux départs. Page trente-sept, son nom rayé trois fois.

Pourquoi est-ce que je ne peux jamais la laisser partir?

1 month ago
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Ce matin, j'ai trouvé un cahier oublié dans le tiroir du bas. Pages jaunies, couverture bleue délavée. À l'intérieur, des fragments de poèmes que j'avais écrits il y a trois ans. Je ne me souvenais pas de ces mots, et pourtant ils portaient ma voix — plus jeune, plus certaine, moins prudente.

J'ai relu le dernier poème, celui qui s'arrêtait au milieu d'une phrase.

« Et si le silence était une forme de »

2 months ago
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Le Ciel entre les doigts

Ce matin, j'ai cru tenir un nuage. Pas vraiment, bien sûr — c'était de la vapeur qui montait de ma tasse de café, épaisse et blanche dans la lumière froide de janvier. J'ai tendu la main et elle s'est dissoute. Voilà l'écriture, me suis-je dit. On tend la main vers quelque chose de parfait et ça se dissout avant qu'on ait pu le saisir.

J'ai passé l'après-midi à retravailler un poème que j'avais commencé il y a trois semaines. Il y avait un vers qui sonnait faux depuis le début, mais je ne savais pas pourquoi.

2 months ago
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L'ombre du platane s'étire sur la table de fer blanc. Une écorce qui se détache, un craquement sec. Le vent du nord fait chanter les persiennes, un rythme à deux temps qui me ramène à l'été dernier, quand j'écrivais dans la cour et que les moineaux picoraient les miettes de pain.

Aujourd'hui, j'ai écrit une scène où un homme attend un train qui n'arrive pas. J'ai d'abord placé l'action en hiver, sous la neige. Trop facile. Trop métaphorique. J'ai tout repris : même homme, même quai, mais en juin, sous un soleil écrasant. La sueur sur sa nuque, la poussière qui colle aux semelles. L'attente change de sens quand le corps souffre autrement.

Une voisine a frappé à ma porte vers quinze heures. « Vous avez vu mon chat ? » Je n'ai pas vu son chat. Mais j'ai vu ses yeux, rougis, fatigués. Elle a murmuré : « Il ne revient plus depuis trois jours. » Je lui ai proposé un thé. Elle a refusé, un sourire triste, puis elle est repartie dans l'escalier. J'ai pensé : voilà un personnage. Une femme qui cherche quelque chose qui ne reviendra pas. Mais je ne l'écrirai pas. Ce n'est pas mon histoire à prendre.