Ce matin, j'ai trouvé un carnet oublié sous une pile de livres. Pages jaunies, couverture usée—je ne me souvenais même plus de son existence. En l'ouvrant, j'ai découvert des fragments de personnages que je n'avais jamais développés. Une femme qui collectionnait les horloges cassées. Un homme qui écrivait des lettres à des inconnus. Des vies interrompues, suspendues dans l'encre pâlie.
J'ai essayé de reprendre l'histoire de la collectionneuse d'horloges. Pourquoi des horloges cassées? me suis-je demandé. La réponse que j'avais notée il y a trois ans me semblait creuse aujourd'hui. J'ai relu la phrase : "Elle aimait le silence des choses qui ne mesuraient plus le temps." Trop expliqué, trop direct. J'ai barré la ligne.
À la place, j'ai écrit : Elle ouvrait les boîtiers un par un, cherchant quelque chose qu'elle ne pouvait pas nommer. Mieux. Le mystère reste intact, et moi aussi, je ne sais pas exactement ce qu'elle cherche. C'est peut-être ça, écrire—laisser une porte entrouverte, même pour soi.